Écrire semble le mauvais outil si le but est de converser. C’est en réalité la façon la moins coûteuse de répéter les phrases exactes dont vous aurez besoin, sans pression et avec le temps de repérer ce que vous ne savez pas encore construire.
Écrire, c’est parler avec l’horloge arrêtée
En conversation, vous produisez une phrase en une seconde et ne saurez jamais ce qui clochait. Sur le papier, vous produisez la même phrase avec dix secondes de réflexion, et les trous deviennent visibles. Ces trous sont ceux qui vous font hésiter à l’oral. Les trouver lentement, c’est ainsi qu’on cesse d’y trébucher vite.
Écrivez sur votre journée, pas sur des sujets
Trois ou quatre phrases sur ce que vous avez fait, ce qui vous a agacé, ce que vous ferez demain. C’est de cela que sont faites les vraies conversations, et c’est le vocabulaire que vous irez réellement chercher. Les dissertations sur des sujets abstraits paraissent plus sérieuses et vous apprennent des mots que vous ne direz jamais.
Dites-le après l’avoir écrit
Lisez chaque phrase à voix haute une fois terminée. Ce n’est pas le texte qui compte : c’est que vous avez produit cette phrase deux fois, et la seconde est passée par votre bouche. Une phrase écrite jamais prononcée n’est apprise qu’à moitié.
Notez ce que vous avez évité
Vous vous surprendrez à contourner une structure inconnue, à simplifier une idée parce que la version réelle était hors de portée. Soulignez-le. La liste de ce que vous avez évité vaut mieux que n’importe quel programme, car elle vient de quelque chose que vous vouliez vraiment dire.
Cinq minutes, quatre phrases, lues à voix haute. C’est l’habitude la moins spectaculaire de l’apprentissage des langues et l’une des rares qui se voit directement à l’oral.